Il est des romans qui dépassent le genre dans lequel on les catégorise, c'est clairement le cas avec cet opus d'Olivier Norek. Ce dernier nous avait déjà habitué à des ambiances intenses, lourdes parfois, aux scènes réalistes et aux personnages qui sonnent justes avec les enquêtes de l'inspecteur Coste et son équipe. Mais avec "Entre deux mondes", on sort du cadre strict du roman policier pour découvrir un roman profond, fort, ancré dans une actualité brûlante certes déjà abordée dans d'autres romans ("L'opticien de Lampédusa" d'Emma-Jane Kirby notamment) mais pas de cette manière puissante et brutale. Ici sont mises en exergue toutes les problématiques des locaux, des gens de passage, des migrants et cette Jungle dont nous avons tant entendu parler placée au centre du roman comme un personnage principal immatériel et pourtant si incarné. Quand sous couvert d'une enquête policière est mise en scène l'humanité cela donne "Entre deux mondes", un livre fort, sans concession mais sans manichéisme non plus, juste (et c'est déjà énorme) une porte ouverte à la réflexion : par delà mes beaux principes, mes belles idées qu'est-ce que je ferai moi dans telle ou telle situation ?. C'est un roman de société, dans lequel chaque point de vue et chaque enjeu est expliqué et qui oblige à se rappeler à quel point le monde est gris et complexe, mais aussi que parfois faire de son mieux est insuffisant
Combien de terre faut-il à un homme pour estimer posséder assez pour être heureux et satisfait.? Est-on capable de s'arrêter de chercher toujours plus et mieux ? La cupidité, l'envie poussent-elles toujours à vouloir davantage sans discernement ?
Dans sa nouvelle à l'origine de cette adaptation en album jeunesse, Tolstoï nous parle du capitalisme, thème à priori peu évident à mettre à hauteur d'enfant sans être ni simpliste, ni moralisateur. Cette adaptation par AnneLise Heurtier et Raphël Urwiller fonctionne pourtant à merveille. Le travail tout en délicatesse sur le texte et les illustrations montre subtilement les dérives et conséquences de l'avidité.
On suit les envies et changements de Pacôme et bien sur on sent qu'on court à la catastrophe et on tourne les pages avec appréhension jusqu'à la chute – et quelle chute !
Un livre que l'on peut mettre en parallèle avec la chanson "Les murs de poussière" de Francis Cabrel dans laquelle le protagoniste "voulait trouver mieux que son lopin de terre, que son vieil arbre tordu au milieu."...
A découvrir et à discuter avec les plus jeunes
Une belle découverte, pour ce conte fantastique et onirique chinois qui perturbe nos repères d'européens. Un dessin et des couleurs qui rendent compte à merveille de cet univers fait de croyances et de traditions. Curieuse de découvrir d'autres volumes.
Un magnifique herbier qui allie art, poésie et science... Si, si, c'est possible. Cet "album" s'inspire des herbiers du 18ème siècle. Un qualité graphique incroyable, une précision naturaliste des plantes mais aussi des animaux associés ainsi qu'une explication compréhensible des OGM et de la transgénèse. Comme quoi, il suffit de quelques mots et de quelques planches pour qu'un sujet devienne plus parlant.
La sécheresse s'éternise cette année-là en Californie, malgré les mesures drastiques imposées par le gouvernement. Un matin, l'impensable se produit : il n'y a plus d'eau dans tout le pays.
Dans un paisible quartier où tout le monde se connaît et se soutient, la panique monte et chacun est prêt à tout pour survivre.
Auteur phare de la littérature young adult, Neil Shusterman signait en 2018 cette dystopie "coup de poing", qui résonne aujourd'hui d'une force toute particulière. A mettre en toutes les mains dès 13 ans !
Été brûlant à Saint Allaire, c'est un peu une réécriture de Cendrillon, mais qui a pour décor un petit village de campagne, en 1966.
Tout se sait à Saint Allaire, où les commérages et les ragots vont bon train, créant leur lot d'intrigues. Mais on nous apprend vite que c'est la charmante Anna Soulette, fille d'un fermier veuf et alcoolique, qui semble être le personnage pivot de cette histoire. On découve alors au fur et à mesure les lieux emblématiques du village, ses habitants atipyques, avec chacun leurs qualités, et surtout leurs défauts ...
L'image et le texte se complètent parfaitement, et les introductions de chaque chapitre sont rédigées avec une plume très fluide, trouvant toujours le bon mot, pour amorcer la suite de l'histoire. Le ton est comique, souvent ironique, notamment grâce aux nombreux jeu de mots.
L’opticien de Lampedusa, c’est une histoire vraie, tirée du reportage du même nom. L’auteure rapporte un témoignage poignant : l'histoire d'un opticien de la minuscule île italienne qui part quelques jours en mer avec sa femme et son groupe d’amis. A l’aube, l’équipage découvre des dizaines, des centaines d’hommes dans l’eau qui crient, qui se noient. Ils viennent d’Erythrée, et leur bateau a fait naufrage. Comment tous les sauver ? La réalité frappe les occupants du bateau de plein fouet. Comment accepter que tant de migrants soient morts et meurent chaque jour en essayant de traverser la Méditerranée vers l'Europe, rêvant d’un monde meilleur ?
Une histoire courte, humaine et touchante qui montre une réalité terrifiante.
Régine Detambel célèbre ici la grande Sarah Bernhard, dont les 20 dernières années sont racontées par Susan, confidente et souffre-douleur.
Comédienne, peintre, sculptrice, elle interpréta sur scène les plus grands dramaturges, et fut qualifiée par Cocteau de « monstre sacré », dont l’expression demeure dans le langage courant.
Mais qui était cette femme autant adulée que détestée ? L’amie de Mucha, Victor Hugo, Sacha Guitry et bien d’autres encore. Une star internationale qui se produisait sur les scènes du monde entier. Fantasque, égocentrique, multipliant les amants et amantes. En véritable femme d’affaire, elle fût l’une des premières célébrités à utiliser son image pour la publicité.
Elle ne quitta jamais la scène, réinventant son jeu lorsque la maladie lui imposait l’amputation d’une jambe.
Portrait fascinant d’une tragédienne inégalée, d’une femme libre.

