Un témoignage bouleversant, une écriture simple et poétique. Un vibrant hommage à toutes les mémés qui ont su nous transmettre de l'amour et des valeurs sans grandes effusions ni débauche de moyens. C'est un livre qui procure des bouffées d'émotion pour un mot, l'évocation d'un souvenir, le surgissement d'une image. Un livre doudou, car réconfortant, un livre "madeleine de Proust", pour ne pas oublier ces merveilleux instants.
Notre corps est comme une éponge qui une fois gorgée d'eau n'absorbe plus, il faut alors l'essorer pour qu'elle puisse à nouveau absorber. C'est un peu ce que nous livre comme message le personnage de ce roman mais sous une forme évidemment plus poétique. Quand un mal de dos devient prétexte à la description d'une crise quasi existentielle, Foenkinos nous en fait un beau roman.
Un roman ado atypique qui sort des ouvrages classiques de fantaisie et des problématiques adolescentes basiques (le monde est cruel, personne ne me comprend...). Un roman qui se lit aisément sans toutefois céder à la facilité du vocabulaire ou de l'histoire. En effet, les chapitres s'enchaînent au rythme et à mesure que l'on suit la jeune Clara. De plus, ce livre nous oblige à nous interroger sur l'importance des livres et leur place tant dans notre vie que dans la société. Comment expliquer qu'un titre puisse à la fois résonner en nous de telle manière qu'il semble écrit pour nous et en même temps laisser totament indifférent un autre lecteur, pire qu'il puisse être considéré comme dangereux par certains ?
À travers ce roman, la place du livre et les motivations de la censure sont abordées de manière intelligente puisque les différents points de vue sont expliqués sans être pour autant cautionnés. Cet ouvrage m'a fait penser immédiatement à un autre roman traitant de la censure mais sous un tout autre angle, il s'agit du titre de Cécile Coulon "Le rire du grand blessé".
Un livre sympathique, plein d'humour et de tendresse bien que les vies des personnages ne soient pas spécialement gaies. Des sujets plus ou moins graves : vieillesse, solitude, décès, vie de couple .... mais surtout une leçon de solidarité, d'entraide, considérations inter-générationnelles
Apprendre à se noyer est un roman qui raconte la culpabilité infinie que l'on peut ressentir face à la mort d'une personne que l'on aime, et que l'on a pas pu sauver. Ici, c'est un père qui voit son enfant être happé par une créature du fleuve, où il apprenait à pêcher. On suit donc la poursuite effrénée d'un père qui refuse d'accepter la mort, et l'on plonge avec lui à corps perdu dans un torrent d'émotion : déchirement, colère, regret et espoir. Un chemin emprunt de mysticisme, dont l'ultime but est de trouver la paix.
Quand deux générations, deux façons d'appréhender la vie se rencontrent dans un hôpital, cela donne un très beau roman que l'on pourrait qualifier de "philosophique" toute mesure gardée.
Hugo, après une tentative de suicide se retrouve à partager la chambre de Blanche, une vieille femme qui attend sereinement la fin. Ils ont une relation à la vie diamétralement opposée, de cette différence de point de vue vont naitre des échanges tantôt drôles, tantôt profonds entre les 2 patients. Loin d'être sombre ou larmoyant, ce roman nous livre un hymne : à la vie, à la force du dialogue entre génération, à l'importance de notre regard sur la vie et sur le monde.
Bien sur les puristes de la philosophie n'y trouveront pas leur compte, là n'est d'ailleurs pas le propos. Nous sommes bel et bien dans un roman avec ses limites et quelques incohérences, roman qui permet de prendre un peu de recul sur le quotidien et c'est déjà bien.
Il est des romans qui dépassent le genre dans lequel on les catégorise, c'est clairement le cas avec cet opus d'Olivier Norek. Ce dernier nous avait déjà habitué à des ambiances intenses, lourdes parfois, aux scènes réalistes et aux personnages qui sonnent justes avec les enquêtes de l'inspecteur Coste et son équipe. Mais avec "Entre deux mondes", on sort du cadre strict du roman policier pour découvrir un roman profond, fort, ancré dans une actualité brûlante certes déjà abordée dans d'autres romans ("L'opticien de Lampédusa" d'Emma-Jane Kirby notamment) mais pas de cette manière puissante et brutale. Ici sont mises en exergue toutes les problématiques des locaux, des gens de passage, des migrants et cette Jungle dont nous avons tant entendu parler placée au centre du roman comme un personnage principal immatériel et pourtant si incarné. Quand sous couvert d'une enquête policière est mise en scène l'humanité cela donne "Entre deux mondes", un livre fort, sans concession mais sans manichéisme non plus, juste (et c'est déjà énorme) une porte ouverte à la réflexion : par delà mes beaux principes, mes belles idées qu'est-ce que je ferai moi dans telle ou telle situation ?. C'est un roman de société, dans lequel chaque point de vue et chaque enjeu est expliqué et qui oblige à se rappeler à quel point le monde est gris et complexe, mais aussi que parfois faire de son mieux est insuffisant
Un roman à l'atmosphère sombre, dans une université regorgeant de mystères. L'histoire nous est racontée du point de vue d'Alex, une jeune femme énigmatique, qui mène une vie bien misérable, et qui se retrouve un peu par hasard (finalement, un peu comme nous, les lecteurs) à Yale, à devoir surveiller des activités paranormales.
Nous allons donc enquêter avec elle, pour élucider un meurtre aux circonstances obscures. Nous faisons également la connaissance, grâce à de nombreux flash-back, du charmant Darlington, le mentor d'Alex, porté disparu et que nous allons nous efforcer de retrouver.
Dans cette histoire, nous allons de découvertes en découvertes, aussi bien sur les personnages que sur le monde qui les entoure. L'univers est très riche, bien développé. Tous les éléments ne nous sont pas directement servis sur un plateau, et il faut poursuivre la lecture pour finalement avoir toutes les informations et avancer un peu plus dans la résolution des nombreux mystères qui entourent Alex.

