Avec le deuxième livre de sa tétralogie Le sang des promesses, Wajdi Mouawad nous révèle dans sa pièce de théâtre les horreurs de la guerre au Liban.
Jeanne et Simon sont jumeaux et à la mort de leur mère, ils reçoivent chacun une lettre que l’un devra remettre à son père et l’autre à son frère. C’est alors qu’ils doivent partir à l’autre bout du monde, retracer la vie de leur mère, afin de découvrir la vérité sur son silence.
Il s’agit d’une pièce poignante, bouleversante, et Wajdi Mouawad n’a pas eu peur de poser des mots sur la monstruosité humaine. C’est avant tout une histoire de famille, de femmes, sur plusieurs générations, qui malgré un passé difficile, ont su avancer et se reconstruire.
Été brûlant à Saint Allaire, c'est un peu une réécriture de Cendrillon, mais qui a pour décor un petit village de campagne, en 1966.
Tout se sait à Saint Allaire, où les commérages et les ragots vont bon train, créant leur lot d'intrigues. Mais on nous apprend vite que c'est la charmante Anna Soulette, fille d'un fermier veuf et alcoolique, qui semble être le personnage pivot de cette histoire. On découve alors au fur et à mesure les lieux emblématiques du village, ses habitants atipyques, avec chacun leurs qualités, et surtout leurs défauts ...
L'image et le texte se complètent parfaitement, et les introductions de chaque chapitre sont rédigées avec une plume très fluide, trouvant toujours le bon mot, pour amorcer la suite de l'histoire. Le ton est comique, souvent ironique, notamment grâce aux nombreux jeu de mots.
Notre corps est comme une éponge qui une fois gorgée d'eau n'absorbe plus, il faut alors l'essorer pour qu'elle puisse à nouveau absorber. C'est un peu ce que nous livre comme message le personnage de ce roman mais sous une forme évidemment plus poétique. Quand un mal de dos devient prétexte à la description d'une crise quasi existentielle, Foenkinos nous en fait un beau roman.
Plusieurs recettes ont été testées... et approuvées !
Pisse-Mémé, une BD revigorante. Lors d'une soirée un peu arrosée, 4 amies de toujours, dont 2 sont soeurs jumelles, et suite au constat désolant qu'un bar classique ou branché ne sert pas de tisane, décident de créer un bar à tisanes, à bières, un coin librairie, un coin yoga. Un lieu feel-good.
L'idée est ambitieuse mais pas irréalisable, et l'on suit ces quadras dans leur projet semé d'embûches et leur vie familiale. De beaux portaits de femmes, différentes, liées par une même envie d'aventure collective.
On est séduit par cette BD, drôle, tendre et joyeuse, habilement construite. Avec des scènes libérées de tout complexe qui marqueront les esprits. A lire sans modération.
Après une admission à l'hôpital pour de violentes migraines, la vie de l'auteur bascule au point que la croyant proche de la fin le corps médical demande à la famille de prendre des dispositions pour les obsèques ... oui mais voilà elle vit, elle ressent tout. Ces mois d'angoisses, de douleurs, de lutte, ce combat nous est décrit simplement, sans désir de revanche ou de comptes à régler, juste pour que la compassion et le respect de l' humain reste toujours à l'esprit du corps médical même si comme elle le reconnait elle même la plupart sont formidables. Un témoignage fort.
Apprendre à se noyer est un roman qui raconte la culpabilité infinie que l'on peut ressentir face à la mort d'une personne que l'on aime, et que l'on a pas pu sauver. Ici, c'est un père qui voit son enfant être happé par une créature du fleuve, où il apprenait à pêcher. On suit donc la poursuite effrénée d'un père qui refuse d'accepter la mort, et l'on plonge avec lui à corps perdu dans un torrent d'émotion : déchirement, colère, regret et espoir. Un chemin emprunt de mysticisme, dont l'ultime but est de trouver la paix.
Deux chansons pour son premier puis son second fils, sur la paternité, la multitude d'émotion que ressentent les parents, le bouleversement de l'arrivée d'un enfant. D'abord sur les espoirs et l'impatience de la naissance et la rencontre avec l'enfant pour "Définitivement" ; Sur la "deuxième révolution" avec "Tu peux déjà". Deux chansons uniques, on l'imagine sans peine, à l'image de ses fils.
Je recommande d'écouter les chansons en même temps que l'on regarde l'album, pour être transporté par la musique et ressentir intensément le texte.

